État d'urgence : L’exception deviendra-t-elle la règle ?

15 février 2016

«Après des années de baisse, le renforcement des moyens humains et fi nanciers de la police et de la justice décidée par le Président de la République était absolument nécessaire, expose Laure Déroche, chef de file du groupe Osez roanne et proche du gouvernement.

 

Un propos tempéré par Fabrice Galatioto, secrétaire départemental du syndicat UNITÉ SGP POLICE-FO : Certes, il y aura un recrutement exceptionnel au mois de mars, mais même avec des formations réduites à six mois, ces renforts ne seront pas opérationnels avant un an - un an et demi.

 

Depuis les attentats, nous sommes soumis à un engagement sans précédent. Vigipirate est au niveau le plus élevé, la lutte contre le terrorisme - protection des lieux sensibles, gares, écoles, lieux de culte - est venue s’ajouter aux missions habituelles.

 

Il y a aussi plus de contrôles, de perquisitions administratives, les congés sont réduits, il y a des rappels de personnel… Les policiers sont fatigués et ça commence à faire long.

 

Nous manquons de moyens humains et matériels.

 

Tout est commandé, paraît-il, mais on ne voit rien venir. De plus, nous sommes face à une situation inconnue jusqu’à présent : durant l’état d’urgence, nous avons l’autorisation de porter notre arme hors service pour nous défendre et défendre nos concitoyens, mais nous voulons un changement du cadre juridique et que la légitime défense puisse évoluer.

 

Pour Pierre Cognard, secrétaire départemental d’Alliance Police, il faut que l’État adopte des mesures exceptionnelles, dont l’état d’urgence suite aux attentats de novembre 2015.

 

Nous rentrons bientôt dans le quatrième mois de cette situation et nos collègues de terrain ont répondu présent depuis le début, ils sont fatigués car n’ont pas eu la possibilité de prendre leurs repos. Que l’état d’urgence soit prolongé est une bonne chose pour répondre aux attaques terroristes, mais il faut que nos collègues puissent bénéfi cier des moyens matériels sécuritaires qui font défaut.

 

Le préfet de la Loire nous avait parlé d’une arrrivée de renforts au 1er semestre 2016, mais nous ne voyons rien venir. Nous espérons que les discours politiques seront suivis de faits. »

RégionsÉchos de la région SUD-EST