Au commissariat, les arrêts de travail se multiplient

07 février 2017

Les policiers ont fait savoir à leur administration leur volonté de bénéficier du même cycle de travail que leurs homologues stéphanois et du Gier.

 

Près de 90 % des agents du service police secours du commissariat de Firminy, qui compte 22 titulaires, étaient ce lundi en arrêt de travail. Manque de repos et heures supplémentaires pèsent sur la santé des policiers, qui aimeraient que leurs cycles de travail soient les mêmes que leurs collègues stéphanois.

 

Une directive européenne, qui prévoit de nouveaux cycles de travail pour les policiers, a été appliquée dès le 1er janvier dans les commissariats de Saint-Étienne et le 30 janvier pour ceux du Gier.

 

La circulaire offre plusieurs possibilités de temps de travail et de repos pouvant être choisies par les diff érents services de la police, et adoptées, ou pas, par l’administration centrale. Pas d’uniformisation en la matière donc, puisque chaque commissariat peut être soumis à des rythmes différents.

 

Le commissariat de Roanne, par exemple, en est encore à la phase de l’étude et n’a pas encore opté pour un des cycles que propose la directive. Une étape qu’a dépassée le commissariat de Firminy, qui, par deux fois, a fait connaître son choix en matière de roulement de travail.

 

Les policiers ont fait savoir à leur administration leur volonté de bénéficier du même cycle que leurs homologues stéphanois et du Gier. Ce changement était pourtant très atiendu par les policiers, puisque chaque cycle est inscrit dans le marbre pour vingt ans. Actuellement, les policiers de Firminy travaillent quatre jours et bénéfi cient ensuite de deux jours de repos.

 

Mais les agents ne peuvent pas toujours prétendre aux 8 heures de repos légales entre la fi n d’un poste et le début de l’autre. Pire, pour ces policiers au bout du rouleau, le fait de devoir travailler cinq week-ends sur six. Une situation que dénonce le secrétaire départemental du syndicat majoritaire UNITÉ SGP POLICE 42, Fabrice Galatioto : «Cela fait des mois et des mois que nous disons que ça ne va pas, que les agents sont sur le point de craquer.

 

Le nombre d’arrêts de travail aujourd’hui prouve bien le profond malaise qui existe et l’impression d’être traités comme de simples matricules en chemise bleue.» Un constat corroboré par le fait qu’hier, lundi, sur quatorze titulaires inscrits au planning, treize étaient malades. «Nous n’avons pas assez de repos» Il témoigne sous couvert de l’anonymat, mais fait partie de ces policiers en arrêt de travail, fatigué et usé par les rythmes effrénés. «Nous travaillons de 13 à 21 heures, ou de 5 à 13 heures.

 

On termine parfois à 22 heures et on se relève à 3h30 pour reprendre à 5 heures. Les agents sont fatigués et sont pourtant sur la voie publique, ce qui représente forcément un danger pour les populations. Nous avons demandé à bénéfi cier des mêmes cycles de travail que nos collègues, rythme qui les ravit.

 

Les cycles de travail et de repos y sont plus réguliers et entre chaque poste les 11 heures de repos sont respectées.

 

De plus nous pourrions, comme les autres, travailler un week-end sur deux.

 

Une vraie avancée après toutes ces années où notre vie familiale a souff ert. On nous le refuse. Pourquoi ? Une chape de plomb pèse sur les raisons qui font que notre hiérarchie nous le refuse. »

 

NOTE La direction générale de la Sécurité publique n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

 

Marie-Anne Leca

RégionsÉchos de la région SUD-EST