On aurait pu l'appeler le contre-G7 de la colère policière

24 août 2019

"On aurait pu l'appeler le contre-G7 de la colère policière" : près de Biarritz, les forces de l'ordre se mobilisent face à la vague de suicides

 

Alors que le sommet du G7 s'ouvre à Biarritz samedi, les policiers ont organisé vendredi soir un "barbecue de la colère", alors que 47 policiers se sont suicidés depuis le début de l'année.

 

"On prend notre directeur général de la police nationale au mot. Il disait qu'on pouvait remédier aux suicides en organisant davantage de repas conviviaux dans les commissariats", explique Joseph Cilluffo, secrétaire départemental Unité SGP Police 64. Vendredi 23 août, il était en charge de faire griller les saucisses aux quelques 200 participants d'un "barbecue de la colère", organisé par les syndicats Alliance police nationale et Unité SGP Police, à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), à quelques kilomètres du sommet du G7 à Biarritz sur lequel 13 200 gendarmes et policiers sont mobilisés.

 

Un "abominable" record

 

Les forces de l’ordre ont profité de l’occasion pour faire entendre leurs revendications : surcharge de travail, heures supplémentaires non-payées et la vague de suicides qui touche leur profession. «Fin avril, à l’hôtel de police de Montpellier, une femme policière s’est donnée la mort avec son arme de service dans son bureau», raconte David Leyraud, secrétaire général adjoint Alliance Police Occitanie, «Au-delà de sa famille, c’est tout un service qui a été touché. Ce qui nous met en colère, c’est l’absence de prise en compte réelle de ce problème.»

 

Quarante-sept policiers se sont suicidés depuis le début de l’année 2019. «On a explosé le triste, le sinistre, l’abominable record des suicides à cette période de l’année», assure Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police, qui n’en a «que faire» de déplaire au ministère de l’Intérieur en participant à un tel événement. «On aurait aussi pu appeler le contre-G7 de la colère policière», estime-t-il. D’après lui, «plusieurs dizaines de milliers de policiers» défileront dans les rues de Paris «fin septembre ou début octobre», pour «être écoutés».

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