Bruno Le Roux : « Je prends très au sérieux votre demande »

11 décembre 2016

Le ministre de l'Intérieur a été interpellé, jeudi au commissariat d'Orléans, sur le manque d'effectif par le syndicat de police UNITÉ SGP POLICE 45.

 

LES YEUX DANS LES YEUX - Les policiers de terrain sont démoralisés et « à bout », disent-ils. Les rythmes de travail non définis, les procédures pénales fastidieuses, les jours de repos sans cesse reportés, le risque terroriste élevé, ainsi que la tension sociale de ces derniers mois n'en finissent plus d'alimenter la déprime mais aussi la colère des officiers de police.

 

Ces derniers continuent néanmoins à exprimer, au fil des semaines, leurs revendications, souvent avec l'énergie du désespoir. Le déplacement à Orléans, jeudi soir, du nouveau ministre de l'Intérieur était l'occasion «rêvée» d'établir enfin un dialogue franc et direct avec les représentants syndicaux de police. Les yeux dans les yeux donc, Patrick Lavainne, policier national et secrétaire départemental UNITÉ SGP POLICE 45, a saisi cette opportunité pour réclamer des postes de policiers supplémentaires au tout nouvel homme fort de la Place Beauvau. Et si, d'aventure, les mots ne suffisaient pas, une enveloppe contenant «tous les points revendicatifs» lui a également été remise en main propre.

 

Disponible et visiblement à l'écoute, « le premier flic de France » a rétorqué qu'il était « désormais comptable des engagements qui ont été pris (par son prédécesseur, Bernard Cazeneuve) », après avoir justement « fait le point sur la situation orléanaise avec le préfet de Région », Nacer Meddah.

 

 «On est en danger la nuit à Orléans»

« La colère des policiers s'est un peu calmée mais elle peut repartir très, très vite (…) Elle est sous-jacente. Il nous faut encore des renforts », a martelé Isabelle Cadic, elle aussi représentante syndicale UNITÉ SGP POLICE 45.

 

Voilà Bruno le Roux prévenu. « On ne voit rien arriver. On sera à moins 24 (policiers) au 1er janvier 2017, ce n'est plus possible, surtout sur une circonscription comme celle d'Orléans. Certes, on a la chance d'avoir une (police) municipale assez forte à Orléans mais il faut aussi penser à tous nos concitoyens de l'agglomération, a rappelé Patrick Lavainne. Avoir une seule police secours la nuit, ce n'est plus possible. On est en danger la nuit. » 

 

Le ministre de l'Intérieur a désormais cinq mois avant la présidentielle pour corriger le tir. « Je prends très au sérieux votre demande et je pense que c'est en plus dans les endroits où il y a des partenariats solides qu'il faut aller au bout de l'engagement de chacun. Je veux regarder cela très attentivement », a-t-il répondu. Enfin, Bruno Le Roux a rappelé qu'en 2016, « il y a 4.600 sorties d'école (de police) donc ça reste faisable. On à dix fois plus de policiers formés aujourd'hui qu'en 2012. Ce que je veux dire, c'est que j'ai aussi quelques moyens pour que les engagements soient respectés. » Nul doute que les représentants syndicaux ont dû graver cette dernière déclaration du ministre dans le marbre. Richard Zampa

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