De nombreux cas de "burn out" en Indre (36)

17 octobre 2016

Pourquoi devient-on policier ? Par vocation, par hasard, ou par proximité.

 

Manuel appartient plutôt à la troisième catégorie : «Mon père était contrôleur au service des transmissions, à la préfecture de Châteauroux. Il se rendait souvent au commissariat et je le suivais, parfois.»

 

Un service militaire dans la police, à Châteauroux, puis le succès au concours de l'école de police, après une fac de droit : Manuel Fernandez est investi de la noble mission de gardien de la paix au début des années 1990.

 

Il débute sa carrière en Bretagne, puis est muté en Seine-Saint-Denis, le fameux «neuf-trois».

 

Il en garde un bon souvenir : «J'y suis resté cinq ans. Ce fut très formateur. Il y avait des effectifs, des moyens, et les missions étaient variées. C'est là que j'ai débuté mon investissement syndical.»

 

En 2002, il revient à Châteauroux, par choix familial.

 

Au commissariat, il réactive la section syndicale UNITÉ SGP POLICE.

 

Il y est plus actif que jamais, surtout depuis que la France est secouée par les attentats : «Quand on est policier, notre boulot, c'est d'arrêter les voleurs. Aujourd'hui, on est agent de sécurité. Même si protéger les gens fait partie de notre travail, on a envie de faire autre chose quand on a choisi d'embrasser ce métier. On aime toujours cette adrénaline quand on est appelé sur une intervention.»

 

Aujourd'hui, il s'inquiète du sort de ses collègues : «Ils sont à bout. Il y a de nombreux cas de "burn out" car on nous en demande de plus en plus.»

 

Il aimerait aussi que le grand public ait une autre image du policier.

 

Au chapitre de ses beaux souvenirs professionnels, un moment de grâce au milieu d'un drame national : «Le regard bienveillant que les citoyens ont porté sur nous lors des manifestations de Charlie-Hebdo. Nous étions enfin identifiés comme des gens "normaux". Cela nous a fait du bien.»

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