Des policiers confrontés au « rejet de l’autorité »

15 février 2017

Dans le contexte des incidents liés à l’affaire Théo, le secrétaire départemental d’UNITÉ SGP POLICE FO estime aujourd’hui qu’il y a « deux poids, deux mesures ».

 

Après l’élan citoyen de solidarité suite aux attentats, la fatigue accumulée par des semaines sans repos de l’état d’urgence et les « vaines promesses gouvernementales faites aux policiers en colère », l’affaire Théo rallume le feu de la révolte. Dans la Loire, comme ailleurs, les forces de l’ordre sont confrontées au quotidien à ce rejet presque viscéral de l’autorité.

 

« Au-delà de ce climat de tension, se pose le problème des effectifs » , précise Fabrice Galatioto, secrétaire départemental de l’UNITÉ SGP POLICE FO. « On puise dans les réserves de nos commissariats pour le renseignement et la surveillance des lieux sensibles. Le renfort promis sur le territoire de six mille recrues, encore en formation, pour la sécurité publique, n’est pas encore effectif. Pas plus que les moyens en équipements. Et combien pour la Loire qui compte aujourd’hui environ mille policiers ? »

 

Alors que les policiers sont sous le feu des projecteurs après l’affaire du jeune Théo et les incidents qui en découlent, Fabrice Galatioto le rappelle : « La police des polices ne nous fait pas de cadeau. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures. Un président qui se rend au chevet de Théo, mais qui ne l’a pas fait pour les policiers brûlés à Viry-Chatillon. »

 

Deux poids, deux mesures, y compris sur le respect de la présomption d’innocence « qui ne s’applique pas à tous » selon notre interlocuteur. « Il faut laisser le temps à la justice de travailler. Condamner la police en général est une parfaite injustice pour ces hommes et ces femmes qui accomplissent une mission de plus en plus difficile. » Le syndicaliste reconnaît cependant quelques avancées sur la légitime défense, le respect de l’anonymat des policiers lors des auditions et sur les procès-verbaux. « Tout cela reste très insuffisant. »

NOTE : Nous n’avons pas pu contacter Alliance, autre syndicat représentatif de la police ligérienne.

Fabrice Galatioto, secrétaire UNITÉ SGP POLICE FO Loire : Quel renfort pour la Loire, qui compte environ mille policiers ? par Laurence Perbey

 

ZOOM : Arrêts de travail prolongés à Firminy

 

Aujourd’hui, sur le commissariat de Firminy qui compte 22 titulaires et 8 adjoints de sécurité, les deux tiers des brigades de roulement de jour sont en arrêt de travail. « Surmenage, burn-out, ces policiers paient la fatigue accumulée depuis des mois et s’inquiètent de leur avenir », déplore Fabrice Galatioto, secrétaire départemental du syndicat UNITÉ SGP POLICE FO.

 

Une cellule de veille a abouti vendredi au report du comité technique et une rencontre est prévue fin février avec le ministre de l’Intérieur pour, souligne Fabrice Galatioto, « tout mettre sur la table ».

 

Le cycle de travail n’est pas le même pour tous. À Saint-Étienne et dans le Gier, les policiers ont la possibilité d’avoir en repos le mercredi et un week-end sur deux. Dans l’Ondaine, les fonctionnaires ont un jour de repos sur une période de 9 jours.

 

« C’est d’autant plus inacceptable que nous sommes sur une zone qui n’est pas particulièrement paisible », précise Fabrice Galatioto.

RégionsÉchos de la région SUD-EST