En première ligne ! Abdel NAHAS sur Marianne

07 février 2020

Politique du rendement, travail administratrif croissant, actions sur le terrain amoindries…
Policiers, infirmiers ou travailleurs sociaux ont le sentiment de délaisser leurs missions.

 

“Notre travail ne sert qu’à nourrir les tableaux”
Abdel, policier en Meurthe-et-Moselle, 43 ans, 22 ans d’expérience

 

Héritée de l’ère Sarkozy, la politique du chiffre continue de rythmer les journées des policiers. « On nous bombarde de demandes de statistiques. On est prêts à le faire, mais le manque de sens de ces procédures pèse… », glisse Abdel, délégué FO. Il confie qu’il leur arrive d’adapter la qualification des faits en   fonction des statistiques à remonter. « Notre travail ne sert qu’à nourrir les tableaux. Ceux qui font plus de prévention que de répression sont rappelés à l’ordre. » Avant d’expliquer: « Entre un très gros dealeur et deux petits, l’administration nous demande
de nous focaliser sur les deux petits. C’est plus rapide et on ajoute une ligne de plus
dans le tableau. » Le policier lorgne sur les logiciels de la gendarmerie, lesquels seraient plus simples que ceux de la police. Et regrette que les consignes de la hiérarchie – loin de s’inscrire dans une vision à long terme – varient en fonction de l’actualité : « En ce moment, il s’agit des
violences conjugales et du harcèlement scolaire. Surchargés par les dossiers, nous devons donc reléguer les autres affaires au second plan », soupire Abdel

RégionsÉchos de la région EST