Firminy, la mort du commissariat ?

18 septembre 2017

Ils devraient être soixante-quatorze agents, ils ne sont que soixante sept. L’hémorragie des effectifs de police devient grandissante au commissariat de Firminy.  

 

Le commissariat de Firminy est il devenu la cinquième roue du carrosse dans la Loire ? C’est ce que craignent de nombreux maires de la vallée qui ont envoyé un courrier au ministre de l’Intérieur. La grogne se fait aussi sentir dans les rangs des forces de l’ordre.

 

Depuis le 1er septembre, le commissaire est parti, rejoignant une brigade régionale. Il ne sera pas remplacé cette année. Une absence en partie comblée par le commandant qui assure l’intérim mais doit cumuler les deux fonctions extrêmement prenantes. Ce n’est que la face émergée de l’iceberg. Un officier est également parti, au même titre que deux personnes qui ont connu un avancement ainsi qu’une quatrième en retraite. Une hémorragie ? Non, diront les chefs départementaux (1) qui devraient annoncer l’arrivée déjà effective de sept agents, dont trois titulaires et quatre adjoints de sécurité en formation pour l’école. Malgré ces arrivées, le solde est encore négatif. Selon un récent pointage, l’effectif théorique établi par l’administration elle-même est de soixante quatorze gradés et gardiens de la paix pour voir le commissariat fonctionner « normalement ».

 

Problème : ils ne sont que soixante-sept. Pour Fabrice Galatioto, représentant de l’UNITÉ SGP POLICE FO Loire : « Sept gradés et gardiens manquent à l’appel. C’est l’équivalent d’une brigade de roulement de police-secours. »

 

Et on prend toute la mesure du problème lorsque l’on sait que, par manque d’effectif, une seule patrouille assure le service de nuit sur toute la circonscription de l’Ondaine, en plein été. « C’est moins de sécurité pour les policiers sur la voie publique, mais aussi pour la population, poursuit le représentant. Sans compter que les collègues du service investigation croulent sous les dossiers avec une surcharge de travail en police judiciaire. »

 

L’Ondaine, cinquième roue du carrosse ?

 

Le commissariat du Chambon-Feugerolles a fermé ses portes. L’équipage de la brigade anti-criminalité de la circonscription a été fusionné avec celui du Gier et regroupé à Saint-Étienne. Sans parler des travaux de rénovation annoncés lors de l’incident en février 2016, où une voiture avait foncé sur l’entrée du commissariat. Des vitres blindées avaient été demandées ainsi qu’un sas d’entrée et une nouvelle table d’accueil pour que les gardés à vue ne croisent pas le même flux que les visiteurs. Seul le sas a été installé depuis. Ce lundi, les délégués syndicaux devraient rencontrer le député de la circonscription. Ils réclament « une dizaine de policiers supplémentaires pour alléger les investigations et mettre en place les nouveaux cycles horaires ». Rappelons qu’en début d’année, une importante vague d’arrêts maladie avait décimé les rangs des effectifs, épuisés. « Il y a un sous-effectif chronique depuis des années à Firminy », conclut Fabrice Galatioto.

 

Bastien Devidal

 

(1 ) Joints par téléphone, les services départementaux se donnent le temps de la réflexion pour communiquer sur les chiffres.

RégionsÉchos de la région SUD-EST