Harcèlement de rue verbalisable

01 août 2018

Fonctionnaire de police et déléguée syndicale d'UNITÉ SGP POLICE, Linda Kebbab fait entendre le point de vue des forces de l'ordre sur le projet de loi de Marlène Schiappa qui prévoit de punir d'amendes l'outrage sexiste. Elle dénonce une loi inapplicable qui relève de la communication.

 

Linda Kebbab est déléguée nationale

d'UNITÉ SGP POLICE.

 

Elle a contribué cette année au numéro hors-série d'«Actu Police»: Femmes flics, héroïnes nationales.

 

FIGAROVOX.- Le secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, prévoit l'application de la loi de «lutte contre les violences sexistes et sexuelles» dès l'automne, rendant le harcèlement de rue verbalisable.

 

En tant que représentante des forces de l'ordre, êtes-vous favorable à cette loi, et est-elle applicable?

 

Linda KEBBAB.- Favorables à une loi pour défendre les femmes dans l'espace public, nous le sommes évidemment dans le principe, c'est une noble cause. D'ailleurs, avant que le ministère de l'Intérieur s'engage dans le label «Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes», notre organisation syndicale était sur le sujet depuis longtemps : nous avons par exemple sorti un numéro d'«ActuPolice» à l'attention des femmes policières mettant en avant les difficultés rencontrées au sein des forces de l'ordre en matière de discrimination. Donc c'est évidemment un sujet qui nous touche et pour lequel on s'estime précurseurs, bien avant le ministère de l'Intérieur et le gouvernement…

 

En revanche, la façon dont le problème a été abordé nous trouble particulièrement et nous sommes très pessimistes quant à l'application de cette loi dans l'espace public. D'abord parce qu'il s'agit d'une contravention et non pas d'un délit. Le délit peut être rapporté et donner lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire: chacun peut rapporter les faits pour un délit dont il a été témoin ou victime. Ce qui n'est pas le cas pour une contravention.

 

Croire qu'on pourra mettre en place une police du flagrant délit pour ce genre de contraventions est totalement utopique. 

 

Retrouvez l'intégralité de cet article en pièce jointe.

 

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