Le magistrat ivre insulte et frappe des policiers de Montpellier (34)

19 août 2014

Le cocktail explosif alcool et antidépresseurs a fait perdre les pédales à un magistrat en poste dans le Pas-de-Calais, le vendredi 15 août à Montpellier. Ce vice-président du tribunal de grande instance d’Avesnes-sur-Helpe, actuellement en vacances, a été placé en garde à vue pour avoir insulté des policiers et blessé deux agents au commissariat central...

 

Cet homme âgé de 48 ans, ancien avoué à la cour d’appel de Montpellier, se trouvait en ville avec ses trois enfants de 7, 8 et 12 ans et qui vivent dans le Sud. Au cours de la journée puis de la soirée, il aurait consommé de la bière, de la vodka et du vin, dans un bar, un restaurant et aux Estivales, un festival de dégustations.

 

Vers 22 h 30, apercevant un véhicule de police, il a commencé à gesticuler avec les bras et, passant la tête à travers la vitre, il se serait alors adressé aux fonctionnaires en ces termes : « Je suis vice-président de tribunal, je vous ordonne de me ramener. »

Les agents n’ont pas compris ce qu’il voulait, ils ont tenté de temporiser. Mais leur interlocuteur aurait alors pris la mouche en les insultant, entre tutoiement et menaces : « Vous êtes des imbéciles, vous ne servez à rien, vous allez avoir des problèmes, vous ne savez pas qui je suis ! Ça va mal se passer pour vous ! »

 

Les policiers, constatant son ivresse, l’ont embarqué au commissariat pour le placer en dégrisement Et là, le magistrat est soupçonné d’avoir mis un coup de pied dans l’entrejambe d’un agent à qui il aurait aussi porté un coup de tête et craché dessus en l’insultant D aurait aussi donné un coup de pied à Coup de pied dans l’entrejambe, insultes et crachat.

 

Mais des qu’il a repris ses esprits, ce quadragénaire s’est aussitôt confondu en excuses envers « ces policiers avec qui je travaille et qui font un métier difficile, dangereux et ingrat». Le mis en cause, qui risque aussi une sanction disciplinaire, a expliqué boire très rarement de l’alcool et ne pas se souvenir de ce qu’il a pu dire et faire... Sur décision du parquet, il a été remis en liberté et sera poursuivi sous la forme d’un «plaider coupable», début décembre, pour «rébellion et violences envers des personnes dépositaires de l’autorité publique».

 

«Suite à des déboires familiaux, sentimentaux, de santé et financiers, il a eu une dépression réagit son avocat, ME Poilpré. R a un peu bu mais avec les antidépresseurs, il ne s’est pas senti bien et a demandé aux policiers de le ramener, ils l’ont envoyé promener et ça s’est envenimé. Une se souvient pas du reste et s’est excusé. »  

 

Originaire du Nord, ce quadragénaire a fait sa carrière d’avoué à Montpellier avant de devenir magistrat voilà deux ans, spécialisé dans le droit civil où il excelle : «C’est un formidable juriste en matière civile, major de promotion, un grand travailleur», atteste une robe noire du palais de justice montpelliérain.

 

«On peut regretter ce cas isolé qui ternit un peu la bonne relation entre la police et la justice mais il s’est excusé et on a travaillé comme avec n’importe quel citoyen» réagit de son côté Bruno Bartocetti, du syndicat UNITÉ SGP POLICE FO.

 

Retrouvez les interviews de Bruno Bartocetti sur France 3 et M6

 

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