Le malaise a gagné la police de Tours

24 mars 2017

Depuis hier après-midi, le mouvement de grogne a gagné le commissariat central de Tours.

 

L'une des sections de police secours n'a pas pris le travail.

 

Hier après-midi, l'une des sections de police secours n'a pas pris son service pour cause d'arrêts maladie. Toujours sur fond de réforme des cycles horaires. Après le commissariat de Joué-lès-Tours depuis le week-end dernier, c'est, depuis hier, au commissariat central de Tours que le malaise s'est étendu. Comme cela était craint. Ou fortement envisagé.

 

Hier, à 13h, quinze des seize policiers de la section de police secours(*) qui devaient prendre leur service ont présenté des arrêts maladie, suivant en cela l'exemple de leurs collègues jocondiens. Les deux autres sections pourraient suivre au fil de cette journée de vendredi et du week-end. En cause: la réforme des cycles horaires… qui coince.

 

Par manque d'effectifs disponibles, la direction ne peut mettre en place le cycle dit à « vacation forte », plébiscité par les fonctionnaires de Joué et de Tours. Celui qui les attend à compter du 2 mai est qualifié de « recul social ».

 

Les policiers de Joué en arrêt convoqués

 

La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) a opposé une fin de non-recevoir aux organisations syndicales pour réfléchir à de nouveaux scénarios après que la direction nationale a pourtant donné un délai supplémentaire pour la mise en place. Après les mouvements de mutation, en septembre. Les collègues du commissariat de Tours ont été affectés de la situation à Joué. Et la pression, forte, du DDSP, a été mal perçue à Joué, comme à Tours.

 

Déjà deux tiers des policiers de Joué en arrêt maladie ont été convoqués en urgence au service médical de l'administration (qui a autorité, NDLR) sur ordre du DDSP, explique Gabriel Coste, secrétaire départemental adjoint du syndicat UNITÉ SGP POLICE.

 

Hier, le représentant du syndicat Alliance, Julien Berthault, attendait aussi une réaction départementale. Voire nationale. Avant que cela n'entraîne trop de «désorganisation ». En attendant, ce sont les fonctionnaires de la police de proximité et de la section d'intervention qui pallient l'absence de leurs collègues.

 

« Ce malaise des policiers, ce n'est pas un caprice », insiste Gabriel Coste qui, hier encore, attendait que le DDSP contacte les organisations syndicales.

 

Frédéric Le Goff, délégué syndical UNSA, nous confiait hier soir avoir rencontré Stéphane d'Hayer dans la semaine. Il essaye de trouver une solution pour faire cesser cette hémorragie. Mais ça obligera à des réorganisations. Dans tous ou presque les commissariats du Grand Ouest, la réforme a été mise en place. A Tours, en septembre, les mutations n'entraîneront pas d'arrivées de renforts extérieurs. Il faudra donc trouver des solutions. Faire des arbitrages. Hier, Stéphane d'Hayer nous a fait savoir qu'il ne souhaitait pas communiquer sur le sujet.

 

(*) A Tours, on compte 48 fonctionnaires à Police secours, repartis en trois sections. A Joué-lès-Tours, ils sont quinze, sur un effectif total de quarante fonctionnaires.

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