Le ras-le-bol des CRS du Mans

22 septembre 2017

Une partie de la compagnie CRS 10 basée au Mans, s’est portée malade ce jeudi pour exprimer son ras le bol. Les fonctionnaires dénoncent le rythme effréné des missions qui s’enchaînent depuis 2 ans, leurs conditions de travail qui se dégradent et le manque de considération de leur hiérarchie.

 

C’est une image rare. Celle de CRS démobilisés. 75 des 100 hommes de la compagnie du Mans (CRS 10) se sont portés malade ce jeudi alors qu’ils devaient partir à Paris pour encadrer les manifestations contre les ordonnances sur la loi travail. Certains se sont rendus aux urgences de l’hôpital du Mans, d’autres chez leur médecin traitant. «Nous ne pouvons pas faire grève alors c’est le seul moyen de nous faire entendre» explique Laurent, membre du syndicat Alliance.

 

Les fonctionnaires manceaux participent à un mouvement national intersyndical pour exprimer leur ras le bol.

 

On atteint le point de rupture !

 

Les CRS en ont marre du rythme effréné des missions qui s’enchaînent depuis les attentats de Charlie Hebdo. «Nous sommes constamment mobilisés dans le cadre de l’Etat d’urgence. Il y a aussi les mouvements sociaux, encadrer les migrants en plus de nos missions habituelles» tempête Laurent. «Depuis le moins de juin, nous avons été mobilisés à Paris, Nice puis à nouveau Paris, la semaine prochaine à Lyon puis Calais...Les temps de repos se réduisent comme peau de chagrin. Nous voyons de moins en moins nos familles. On est là pour servir, c’est notre métier mais trop, c’est trop» !

 

Laurent, un des CRS de la compagnie du Mans. Il se dit épuisé par l’enchaînement des missions et usé par le manque de considération de la part de sa hiérarchie. Des conditions de travail qui se dégradent En plus de l’enchaînement des missions, les fonctionnaires dénoncent leurs conditions de travail qui se dégradent. «Nous avons du matériel vieillissant.Parfois nous sommes obligés de dormir dans les véhicules de service car les hébergements qui nous sont réservés, sont plein de punaises ou de puces» déplore Laurent. «Il y a un sentiment d’abandon» ajoute Vincent, un autre membre de la compagnie.

 

«Nous sommes épuisés, certains sont démotivés, d’autres sont au bord de la dépression. La réponse de notre hiérarchie, c’est « vous n’avez fait que votre travail. Il n’ y a aucune reconnaissance. On a atteint le point de rupture».

 

Par :Yann Lastennet France Bleu Maine

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