Les policiers dénoncent leur charge de travail à Châteauroux

07 février 2017

Les policiers castelroussins, à l'image de la plupart de leurs collègues français, sont en colère.

 

«L'état d'urgence, disent-ils, fait que nous sommes toujours en surcharge de travail et l'année qui se présente ne va pas atténuer cette situation.»

 

Manuel Fernandez, délégué de l'UNITÉ SGP POLICE, confirme ce propos rappelant que «les fonctionnaires de police effectuent 40h30 de travail par semaine que nous compensons par des RTT. L'ennui, c'est que nous avons énormément de mal à poser ces repos au regard des effectifs».

 

Le commissariat de Châteauroux regroupe cent vingt personnels en civil et uniforme « et pour tenir les plannings, il faudrait que nous soyons une trentaine de plus». Un planning qui va s'alourdir dans les mois qui viennent avec la présidentielle, puis les législatives.

 

«Mais ce n'est pas tout, rappelle Manuel Fernandez, puisqu'à Châteauroux, entre les 4 et 14 juillet, nous aurons à surveiller toutes les cérémonies liées au départ des Américains; puis ce sera le Festival Darc, du 7 au 19 août et, enfin, les championnats du monde de tir sportif à La Martinerie qui réuniront 1.200 compétiteurs.»

 

"Aucune présomption d'innocence?"

 

A toute cette actualité, «il faut assurer la surveillance des lieux de cultes et de toutes les manifestations habituelles. Trop, c'est trop, dénonce le représentant syndical, et pour certains, nous nous rapprochons dangereusement des risques psychosociaux» (1).Ceux qui mènent au burn-out.

 

Un sentiment général amplifié par la récente affaire d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où quatre policiers sont mis en cause à la suite d'une interpellation.

 

«Ce qui est une nouvelle fois étonnant dans cette affaire, c'est qu'avant même que l'enquête ne soit bouclée et que les faits soient clairement établis, nos quatre collègues ont déjà été condamnés par un grand nombre de personnes. La présomption d'innocence n'existe manifestement pas pour les policiers. C'est tout à fait inacceptable.»

 

Les propos vont dans le même sens pour les représentants du syndicat Alliance : «Alors que les tables rondes réalisées en préfecture ont clairement identifié un manque de moyens en personnel et matériel, rien ne change vraiment. Nous sommes toujours dans l'exigence de rentabilité par la seule politique du chiffre».

 

(1) Des éléments qui portent atteinte à l'intégrité physique et à la santé mentale des salariés au sein de leur environnement professionnel.

 

Jean-Luc Pavot 

RégionsÉchos de la région CENTRE