Limoges, Statu quo entre l'État et les policiers

04 janvier 2017

Une réunion, prévue mardi à Limoges, entre policiers et administration sur la réorganisation du cycle de travail des forces de l'ordre a débouché sur un statu quo.

 

«Une déception» pour les syndicats. «Ils sont repartis en sifflant, car ils ont compris qu'ils n'étaient pas considérés.»

 

La scène décrite par Grégory Hugue, secrétaire régional UNITÉ SGP POLICE, peut paraître surréaliste. Mardi, à Limoges, une trentaine de membres des forces de l'ordre, qui manifestaient devant la préfecture, ont conclu leur rassemblement par des huées contre le préfet et l'administration.

 

Grosse déception

 

En cause, une réorganisation de leurs cycles de travail, imposée par l'Europe, mais sur laquelle l'État et les syndicats ne parviennent pas à s'entendre.

 

La réunion d'hier n'y a rien changé. «Statu quo», confirme le directeur départemental de la sécurité public, Paul Agostini.

 

«Une grosse déception», tranche le représentant UNITÉ SGP POLICE.

 

Actuellement, les policiers enchaînent deux après-midi, puis deux matinées et deux jours de repos.

 

Avec deux conséquences : «une bascule» qui les voit quitter le travail à 21 heures au soir du deuxième jour, pour reprendre à 4 h 50 le lendemain, assortie d'un très faible nombre de week-ends, «entre six et sept par an», décompte Alain Tranchant, autre représentant UNITÉ SGP POLICE.

 

Les policiers réclament la mise en place du «vendredi fort». «Ça permettrait d'avoir un mercredi et un week-end sur deux», expliquent les syndicalistes.

 

Une hypothèse balayée par l'administration. «Cela suppose le passage de trois à quatre brigades», explique Paul Agostini.

 

L'État et l'administration, de leur côté, proposent une simple inversion des matinées et des après-midi dans le cycle.

 

«Mais on perdrait seize heures sur nos deux jours de repos», mesure Grégory Hugue.

 

Notre interlocuteur, la place Beauveau

 

«La seule bonne nouvelle, finalement, c'est que maintenant, notre interlocuteur se trouve Place Beauveau, reprend le syndicaliste. Nos interlocuteurs ici font le pari que personne n'ira à Paris, mais j'y serai dès la semaine prochaine.»

 

Depuis la précédente réunion du mois de décembre, le DDSP a également mis à profit le temps disponible pour effectuer une demande de renforts «d'une vingtaine d'hommes».

 

«On a également demandé à être débarrassé de certaines gardes statiques, explique Paul Agostini. Pour l'instant, on est dans l'attente d'une réponse.»

 

Au final, la journée de mardi traduit également un désaccord croissant entre l'État et les forces de l'ordre, à bout de souffle, après de longs mois d'état d'urgence et de plan Vigipirate.

 

«On nous parle de renforts, mais depuis deux ans, on n'a rien, pas un véhicule, pas un uniforme», tance le secrétaire régional UNITÉ SGP POLICE.

 

La Haute-Vienne n'est pas un cas isolé. «Les seuls commissariats qui ont obtenu gain de cause sur le "vendredi fort" sont ceux qui ont déposé de nombreux arrêts-maladies, reprend-il.

 

C'est malheureux, mais chez nous, l'ensemble des policiers des brigades concernées ont demandé à être reçus par la médecine de prévention.»

 

Dans ce dossier, les policiers pointent également «l'absence de dialogue social».

 

«C'est faux, je les ai reçus au cours de onze réunions préalables, précise le DDSP. La discussion est présente.»

 

Même si elle s'apparente parfois à un dialogue de sourds.

RégionsÉchos de la région SUD-OUEST