Manifestation de policiers contre le manque de moyens à Calais (62)

13 octobre 2014

Un rassemblement et une opération escargot sont organisés ce lundi matin, contre le manque de moyens et « l’abandon de Calais ». « Ce n’est pas une manifestation anti-migrants », insistent les organisateurs.

 

Le syndicat UNITÉ SGP POLICE FO appelle à manifester ce lundi, à 10 h, à partir du rond-point proche du terminal ferry. À l’origine, il s’agissait de protester contre le manque de moyens dont les forces de police disposent pour faire face à l’afflux de migrants. Puis le mot d’ordre s’est élargi. « L’activité économique dans son ensemble est aujourd’hui touchée. Des transporteurs préfèrent maintenant passer par d’autres ports. Des entreprises, des commerces sont en grande difficulté. Déjà en berne, l’emploi calaisien souffre encore plus de la présence de migrants », souffle Gilles Debove, délégué syndical. « Mais attention, il ne s’agit pas d’une manifestation anti-migrants. Il est hors de question de stigmatiser les migrants, j’insiste là-dessus.

 

Je pense qu’ils sont aujourd’hui 2 000 à 2 500 dans le Calaisis. Une infime partie d’entre eux participe à l’augmentation de la délinquance. Simplement, le nombre de migrants augmente, le nombre de délinquants, parmi eux, augmente. Ces gens sont livrés à eux-mêmes, ils ont faim, ils ont froid, ils subissent beaucoup de pression. »  Le manque de moyens ne concerne pas que la police, mais touche toute la fonction publique : « Tout est lié, indique Jean-Paul Rozanes, secrétaire de l’union locale FO. Quand l’État décide de faire cinquante milliards d’économie, il ne faut pas s’étonner que les services publics aient moins de moyens. » « Un migrant qui souhaite maintenant demander l’asile en France m’a expliqué qu’il a décroché un rendez-vous, mais seulement en février », illustre Gilles Debove. 

 

Les syndicalistes dénoncent globalement l’inertie du gouvernement, et qualifie de « mesurettes » les actions annoncées par le plan franco-britannique. L’accueil de jour ne sera pas plus utile selon eux : « Surtout qu’il sera à cent mètres du port. Et la nuit, on fera quoi ? »  La manifestation de ce lundi matin sera suivie d’une opération escargot, qui conduira le cortège jusqu’au rond-point de la Rivière-Neuve. « Nous nous démarquons de tous les collectifs extrémistes qui pourraient s’immiscer dans la manifestation », prévient Gilles Debove, conscient que les mots d’ordre du jour risquent d’être récupérés et brouillés. « Oui, nous avons discuté de ce risque. Mais ce n’est pas parce qu’il existe qu’on doit se taire. Nous le répétons : ce n’est pas un mouvement contre les migrants, c’est un mouvement contre l’abandon de Calais », conclut Jean-Paul Rozanes.

 

Retrouvez l'interview de Gilles Debove sur M6

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