Migrants à Calais (62), ingérable !

11 juin 2015

Trois compagnies et demie de CRS, une unité de 70 gendarmes mobiles. Depuis lundi soir, les abords du tunnel sous la Manche et du port de Calais sont quadrillés par plus de trois cents hommes rompus aux opérations de maintien de l’ordre.

 

L’annonce a bien été reçue par les syndicats de police. Pourtant, en arrière-plan, les mâchoires sont toujours aussi serrées et les dents grincent toujours autant. Bien conscients que la solution à la situation migratoire calaisienne ne se jouera pas localement, les forces de l’ordre sont de véritables éponges qui, pour le coup, n’ont plus les capacités d’absorber. Ni physiquement, ni mentalement. La section d’intervention de Coquelles décimée Résultat : les arrêts de travail commencent à tomber.

 

C’est le cas depuis quelques jours pour les hommes de la section d’intervention basée à Coquelles. Selon nos informations, une vingtaine d’hommes ne sont plus en condition de remplir les missions de terrain. Des missions qui consistent, depuis plus d’un an, à courir après les migrants qui tentent de monter dans les poids lourds, à proximité des platesformes d’embarquement.

 

Poursuivre, car il n’est pas question d’interpeller. Intercepter seulement. Puis amener les candidats à l’exil à quelques centaines de mètres de là où ils ont été arrêtés, avant de les attendre, de nouveau, quelques heures plus tard, aux mêmes endroits stratégiques. Intercepter seulement, car dans les bureaux, les effectifs ne sont plus en nombre suffisant pour assurer les procédures. La durée du traitement des dossiers est allongée.

 

Au commissariat principal de Calais ou au sein des services de la Paf à Coquelles, dans les unités générales (police secours) ou d’investigation, on pointe le manque de personnels, de moyens humains et matériels. On dénonce surtout la situation du Calaisis, un territoire qui n’est toujours pas reconnu comme secteur difficile.

 

Mais qui est, officieusement, considéré comme tel, puisque des renforts de CRS arrivent encore. Quant à ces derniers, leur moral n’est pas au beau fixe non plus. Beaucoup d’entre eux constatent, dépassés, leur rôle désormais de dissuasion, inefficace.

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