Montpellier (34) - Face aux violences, les policiers ont le spleen

13 juin 2014

Ils en dénoncent la banalisation et pointent les problèmes d'effectifs. Bruno Bartocetti, responsable du syndicat UNITÉ SGP POLICE FO, le dit sans détour : « Je ne sais pas si, aujourd'hui, nous devons banaliser les violences faites aux policiers. Car c'est devenu notre quotidien » .

 

Alarmiste ? « Lorsqu'un policier dépose plainte, cela se termine par un classement ou un rappel à la loi », déplore le représentant syndical, cas pratiques à l'appui recensés, ces dernières semaines, au sein du commissariat central. Et de préciser sa pensée : "Même si, des fois, on peut comprendre qu'un fait soit classé, là, il y en a beaucoup. Dans un job, on sait qui est farfelu ou pas. Mais quand les remontées viennent de garçons sérieux et compétents. .. Je ne juge pas la justice. Mais je m'interroge. Si un magistrat se fait insulter ou cracher dessus, le mis en cause aura-t-il un simple rappel à la loi ?»

 

De là à ce que le rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA), présenté au début de l'année, influe indirectement sur la magistrature ... Il n'y a un pas que ne franchit pas forcément Bruno Bartocetti. Mais cette actualité lui fait se poser des questions. Car ce document épingle la multiplication de plaintes non justifiées déposées par des fonctionnaires de police. Avec, comme corollaire, "l'inquiétude de voir, un jour, que certains policiers soient tentés de ne plus déposer plainte alors que nous n'avons pas à accepter un tel fatalisme."

 

Parmi les inquiétudes : les effectifs policiers. "La baisse est là, même si la préfecture dit le contraire. On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut", assume Bruno Bartocetti. "Les cinq ou six arrivées prévues en septembre ne compenseront même pas les départs. Nous avons d'autres départs prévus en 2015. À combien tournerons-nous alors ?" Se pose enfin le cas des zones de sécurité prioritaires (ZSP), « Pour celle de la Paillade, nous avons été obligés de fournir des effectifs au détriment d'autres services », désapprouve le responsable syndical.

 

JEAN-FRANÇOIS CODOMIÉ - ©MIDI-LIBRE

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