Ouverture d'une information judiciaire après la mort de Rémi Fraisse

29 octobre 2014

Trois jours après la mort de Rémi Fraisse, jeune opposant au barrage de Sivens, le parquet de Toulouse a ouvert, mercredi 29 octobre, une information judiciaire pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

 

Quelles grenades ont été utilisées ?

Les interrogations autour de la dangerosité des grenades offensives ont été soulevées mardi. Outre les grenades lacrymogènes, les forces de l'ordre, gendarmes et policiers, emploient deux types de grenades lors de manifestations qui dégénèrent : celles dites de « désencerclement » ou « assourdissantes », et celles dites « offensives ». 

 

Les premières contiennent de petites billes en plastique qui éclatent lors de l'explosion, et « peuvent éventuellement blesser très légèrement, mais c'est très rare », selon une source policière travaillant dans le maintien de l'ordre. Les secondes sont en revanche plus puissantes. « Cela provoque un bon effet de souffle et pas mal de bruit », précise une source sécuritaire. Les forces de l'ordre, lorsque cela est possible, doivent prévenir les manifestants que des grenades vont être tirées.

 

Si la grenade offensive peut provoquer parfois de graves blessures, les spécialistes se montrent catégoriques : elles ne peuvent tuer, sauf improbable concours de circonstances. Dans l'hypothèse où l'une de ces grenades aurait provoqué la mort de Rémi Fraisse, tous les experts évoquent une combinaison avec un autre élément comme un fumigène, une cartouche de gaz ou même peut-être un aérosol.

 

« Sans attendre les résultats » de l'enquête administrative sur les conditions d'utilisation des grenades offensives, qui devraient être connus d'ici à quinze jours, le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé mardi soir la suspension de l'utilisation de ces projectiles par la gendarmerie.

 

Thierry Boutier, secrétaire national chargé des CRS rappelle dans le reportage de M6 du 28 octobre 2014 : "Les grenades dites GLI (Grenades Lacrymogènes Instantanées) font parties des moyens nécessaires aux unités de maintien de l’ordre. Elles contribuent à leur protections dans des circonstances de grandes violences à leur égard. Comme tout dispositif d’armement, elles représentent un risque et pour cette raison, leurs règles d’emploi sont strictes."

 

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