Policiers et élus s’inquiètent de la baisse des effectifs

18 septembre 2019

« Un renforcement à brève échéance des effectifs » : c’est ce qu’ont demandé les élus du Grand Verdun au ministre de l’Intérieur, face à une baisse constante du nombre de fonctionnaires de police sur le secteur. Ces inquiétudes sont largement partagées par les syndicats, qui craignent pour leur sécurité et celle des citoyens.

 

Le 3 septembre 2019, le maire de Verdun et président de la communauté d’agglomération du Grand Verdun, Samuel Hazard, rédigeait et envoyait une lettre à Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, signée par d’autres élus du Grand Verdun.

 

Le document attirait l’attention du ministre sur la situation de la circonscription de sécurité publique (CSP) de Verdun, dont les effectifs de police sont jugés insuffisants. Des propos auxquels les syndicats de police ne peuvent qu’adhérer aujourd’hui, car la situation « devient alarmante » pour Emmanuel Hiertes, délégué de service UNITÉ SGP POLICE-FO, à Verdun.

 

« On a déjà eu des collègues blessés »

 

La CSP de Verdun englobe au total cinq communes aux alentours de la ville. En 2003, elle comprenait 65 fonctionnaires, rappelle le courrier. En 2019, la circonscription n’emploie plus que 43 agents. Leur nombre descendra encore à 41 en décembre. Pour Stéphane Lalloz, secrétaire départemental du syndicat Alliance, « il manque environ 20 % de personnel pour assurer un service de qualité ».

 

« La problématique numéro 1, c’est la sécurité des agents », assure Emmanuel Hiertes. « Quand on n’est que trois disponibles pour intervenir sur une bagarre entre dix personnes en sortie de boîte, ça va forcément mal se passer. On a déjà eu des collègues blessés. » La baisse des effectifs entraîne également « du stress, de la fatigue. On peut pas poser de repos tranquillement car on est rappelés pour combler les manques ».

 

Les missions des forces de l’ordre sont multiples : manifestations des Gilets jaunes à Bar-le-Duc, projet Cigéo à Bure, G7, visites présidentielles et gardes de détenus à l’hôpital de Verdun. « Ça consomme énormément d’heures, c’est un fléau. Pour nous ça relève du travail de l’administration pénitentiaire », déplore Emmanuel Hiertes.

 

« Les renforts arriveraient très tardivement ou pas du tout »

Bien sûr, Verdun n’est pas une exception en France. « De façon nationale c’est une catastrophe, mais le nord-est est particulièrement touché », précise Stéphane Lalloz. La faute en revient à une région peu attractive pour les mutations.

 

La seule solution pour grossir les rangs est que de jeunes agents en sortie d’école soient affectés dans le secteur. « On a eu un entretien avec le directeur central de la sécurité publique la semaine dernière », poursuit Alliance. « Il a laissé entendre que les renforts arriveraient très tardivement, ou pas du tout. »

 

La lettre des élus locaux au ministre rassure les syndicats, sans les enthousiasmer. « C’est bien, ça nous aide, ça montre qu’on s’intéresse au sort des commissariats, des fonctionnaires et des habitants », résume Emmanuel Hiertes. « On est contents que nos élus soient conscients de ça », conclut Stéphane Lalloz. « Mais il est extrêmement dommageable de devoir en arriver là. » Jean VAYSSIERES

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