Rixe au Luna Park : Grave dysfonctionnement» des autorités

03 novembre 2015

Le secrétaire régional du syndicat de policiers UNITÉ SGP POLICE-FO, majoritaire en Auvergne, ne mâche pas ses mots suite à l’enchaînement de violences de ces derniers jours.

 

Pour Stéphane Baggioni, la situation a été mal gérée et anticipée par les autorités. «Suite à la première rixe de jeudi après-midi, nous savions pourtant que des représailles étaient possibles.

 

Nous en avions même été explicitement avertis», explique-t-il. La réaction n’a vraiment pas été à la hauteur.» Selon le responsable syndical, «samedi soir, le commissariat a reçu un appel anonyme d’un homme affirmant que des représailles se préparaient et que cela allait se régler le lendemain à coups de fusil.

 

À partir de ce moment-là, nous étions en capacité d’anticiper. Pourtant, le dimanche après-midi, l’autorité de permanence a simplement demandé à trois équipages, dont un de la brigade anti-criminalité, d’être sur place en surveillance. Les collègues se sont retrouvés à huit, dont deux adjoints de sécurité, impuissants, face à plus de cent belligérants.

 

Au final, deux policiers en civil ont été sciemment visés et figurent parmi les sept blessés légers. Ça aurait pu virer au carnage…» «Je considère qu’il y a eu un très grave dysfonctionnement, affirme Stéphane Baggioni.

 

Je peux comprendre que les autorités, à force de travailler avec des effectifs aussi faibles, soient presque habituées à se débrouiller avec cette pénurie maintes fois dénoncée.

 

Mais au vu des éléments dont on disposait, les services de renseignement auraient pu faire leur travail et tirer la sonnette d’alarme en amont.

 

Si 150 gendarmes mobiles ou CRS avaient été postés devant la foire dès le dimanche matin, les choses se seraient passées différemment, c’est certain. Je l’affirme avec force : par manque de discernement, on a mis en danger la vie des citoyens présents sur la foire et celle des policiers primo-intervenants. » [...]

 

Interrogé sur ce point hier après-midi, le préfet avait admis que “les policiers n’étaient pas assez nombreux” sur place, ce qui avait justifié les renforts de gendarmes.

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