Suicide d’un policier : la famille va déposer plainte

29 janvier 2018

Les parents du policier qui s'est donné la mort, dimanche à Puttelange-aux-Lacs, souhaitent déposer plainte pour harcèlement moral au travail et mettre en lumière la crise au sein du commissariat de Freyming-Merlebach.

 

L'affaire du policier de 46 ans qui s'est suicidé avec son arme de service, dimanche dernier à Puttelange-aux-Lacs, en Moselle-Est, pourrait avoir des suites judiciaires. Les parents d'Hervé Hinschberger, qui habitent également à Puttelange-aux-Lacs, ont contacté un avocat dans le but de déposer une plainte contre X. La famille, les parents, son frère, sa compagne... estiment que leur proche a été victime de "harcèlement moral au travail de la part de certains collègues de son service", au commissariat de Freyming-Merlebach.

 

"La plainte sera déposée dès la semaine prochaine auprès du procureur de la République de Sarreguemines", promet Me Dominique Rondu. Une copie de cette plainte sera transmise à l'IGPN (inspection générale de la police nationale). "Nous demandons qu'une enquête soit ouverte sur des événements ayant eu lieu au commissariat de Freyming-Merlebach avant le décès du policier", poursuit l'avocat messin. De graves problèmes relationnels entre fonctionnaires ont débouché sur une crise ouverte au sein du commissariat de Freyming-Merlebach ces derniers mois. La hiérarchie directe est également montrée du doigt par la famille "pour n'avoir pas été à la hauteur de la situation".

 

Un micro découvert dans son véhicule

 

Mercredi soir, des policiers de la circonscription de Forbach, dont fait partie le commissariat de Freyming-Merlebach, s'étaient réunis pour rendre hommage à leur collègue disparu. Le malaise avait déjà été évoqué avec insistance. Le major qui s'est donné la mort était en poste à Saint-Avold depuis 17 ans et venait d'être nommé à la tête d'une brigade à Freyming-Merlebach. Mais il aurait été la victime de l'hostilité agressive de plusieurs collègues. Les rapports entre les policiers et certains de ses subordonnés auraient dérapé après une enquête interne. Elle a été déclenchée sous un prétexte qui paraît futile : des fonctionnaires achetaient des viennoiseries pendant le service dans une boulangerie hors de leur territoire d'intervention et ont été dénoncés. Hervé Hinschberger a été désigné comme "la balance" des amateurs de croissants. "Il a fait l'objet de vexations, d'une attitude clairement agressive verbalement de la part de certains collègues. Le major a même découvert qu'un micro avait été placé dans son véhicule pour l'espionner. La gendarmerie, qui enquête à la suite du suicide, a une bande à sa disposition, assure Me Rondu. Un élément qui pourrait donner une nouvelle épaisseur au dossier.

 

De son côté après ce drame, le syndicat UNITÉ SGP POLICE FO a saisi le préfet pour réclamer la tenue d'un CHSCT de la Police nationale de la Moselle. Kévin GRETHEN et Stéphane MAZZUCOTELLI

 

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