Trois questions à Yves Lefebvre, réélu secrétaire général

30 septembre 2019

"Nous allons veiller à ce que la future loi de programmation pour la sécurité intérieure ne soit pas une loi au rabais", déclare Yves Lefebvre, réélu secrétaire général d’Unité SGP police-FO lors du congrès de l’organisation syndicale à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), mercredi 25 septembre 2019. Selon le responsable syndical, le texte, qui doit suivre la rédaction d’un "livre blanc", devra permettre de "simplifier la lisibilité du ministère de l'Intérieur". Dans un entretien accordé à AEF info, Yves Lefebvre revient également sur l’organisation d’une "marche de la colère policière", qui doit se tenir le 2 octobre 2019.

 

AEF info : Vous venez d’être réélu secrétaire général d’Unité SGP police-FO, lors du congrès de l’organisation (lire sur AEF info), qui se tenait à Biarritz jusqu’à aujourd’hui. Quels sont vos objectifs pour ce nouveau mandat ?

 

Yves Lefebvre : Je souhaite déjà poursuivre dans la dynamique qui est la nôtre depuis 2015, continuer à incarner le syndicalisme de combat. Il s’agit de proposer des axes de réforme, de porter les négociations et, si ces dernières n’aboutissent pas, de taper sur la table et de ne rien céder. Nous avons assuré une transition entre un syndicalisme de compromis à un syndicalisme d’objectivité et de combat. Il s’agit véritablement de poursuivre dans cette voie.

 

AEF info : La police nationale pourrait connaître plusieurs réformes d’ampleur dans les mois à venir, portées par la rédaction d’un "livre blanc" et par une loi de "programmation pour la sécurité intérieure" (lire sur AEF info). Quelle est la position d’Unité SGP police-FO sur ces chantiers ?

 

Yves Lefebvre : Nous allons notamment veiller à ce que la future loi de programmation pour la sécurité intérieure ne soit pas une loi au rabais. Ce texte doit permettre de simplifier la lisibilité du ministère de l'Intérieur. Je pense notamment à l’organisation par filières métiers : investigation, sécurité publique, ordre public, immigration, renseignement territorial…
Cette loi devra également permettre d’améliorer le déroulement de carrière des policiers, notamment via une carrière dite "plane". Il faut également clarifier le statut de travailleur de nuit, afin d’aboutir à une véritable reconnaissance, au-delà des simples déclarations. Il est par ailleurs nécessaire d’améliorer le quotidien des adjoints de sécurité et des personnels administratifs, techniques et scientifiques. Dans un premier temps, ils doivent pouvoir au moins accéder aux mutations dérogatoires.

 

AEF info : Les syndicats de police ont appelé à une "marche nationale de la colère" à Paris le 2 octobre prochain (lire sur AEF info). Qu’attendez-vous de cet événement ?

 

Yves Lefebvre : Nous souhaitons avertir sur nos conditions de travail. L’objectif est également de revenir sur la réforme des retraites : telle qu’elle a pour le moment été présentée par Jean-Paul Delevoye (lire sur AEF info), nous n’en voulons pas. Il ne faut pas toucher au statut spécial des policiers. Si c’est le cas, il faudra alors nous redonner le droit de grève, dont ne jouissons plus depuis 1948.

 

Se dessine également la problématique du stock d’heures supplémentaires impayées. Au-delà de la cavalerie budgétaire que cela représente, je souhaite que les policiers aient le choix de se les faire payer ou de les placer sur un compte épargne-temps ou un compte épargne retraite.

 

Nous tablons sur une mobilisation qui dépasse nos espérances initiales. Si on mutualise les capacités de l’ensemble des syndicats de police, mais aussi des collectifs comme l’Association des femmes de force de l’ordre en colère, nous pouvons dépasser les 20 000 personnes mobilisées. Cet événement n’a pas vocation à être unique : la loi de programmation pour la sécurité intérieure doit vite se mettre en place, comme des avancées sociales pour la police nationale. Sinon, nous n’hésiterons pas à redescendre dans la rue, voire à bloquer à nouveau les commissariats, comme en décembre dernier.

 

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