Vague de migrants à MENTON

06 juin 2014

Depuis plusieurs semaines, les forces de l’ordre font face à un afflux de migrants qui passent la frontière franco-italienne à Menton. Les policiers réaliseraient 70 interpellations par jour Menton, un matin de fin mai. En gare de Garavan, des CRS épaulent la police aux frontières pour contrôler les trains en direction de Nice. Au même moment, à la frontière franco-italienne, une poignée de militants Bleu Marine manifeste contre « les problèmes d'immigration massive rencontrés ces derniers jours ». À deux pas de là, côté italien, une quinzaine de clandestins érythréens guette le bon moment pour passer au nez et à la barbe des policiers.

 

Voilà, en trois tableaux, résumé le nouveau drame de l'immigration qui se déroule aux portes des Alpes-Maritimes. Alors que les camps de réfugiés défraient la chronique à Calais, sur la Côte, les forces de l'ordre jouent au chat et à la souris avec de jeunes migrants venus d'Afrique. D'Erythrée, pour l'immense majorité. Depuis la mi-avril, de Menton-Garavan à la gare centrale de Nice, les interpellations se comptent par centaines.

 

La France, une étape

 

« C'est un flux permanent, de la folie ! », s'exclament en off les policiers concernés. Un phénomène dont les résidents du quartier Garavan sont les témoins privilégiés. À l'instar de François Jacquot, 72 ans : « Ils viennent par vagues, mais passent la frontière par groupes de deux ou trois pour rester discrets. Que des hommes, très jeunes, pas plus de 25 ans. Ils sont polis, propres, assez bien habillés, sans sac de voyage… Ils inspirent plutôt la sympathie. Contrairement à d'autres clandestins, ils ne semblent pas spécialement angoissés et paraissent savoir où ils vont. »

 

Où vont-ils, justement ? Vers l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les pays nordiques. Pour eux, la France n'est qu'une terre de transit. Une étape de plus, après l'Italie, dans un long périple qui se compte en années et en milliers de kilomètres. Quête d'une vie meilleure, fuite du régime totalitaire d'Issayas Afeworki. Comme l'ont fait, avant eux, le porte-drapeau Weynay Ghebresilasie en pleins JO de Londres, deux pilotes de l'Eritrean Defense Force envolés pour l'Arabie Saoudite… et un ministre en voyage en Allemagne !

 

 

« C'est surtout une problématique humaine, observe Fred Guérin, délégué départemental du syndicat UNITÉ-SGP police.La conséquence, c'est que nos collègues doivent réaliser de nombreuses interpellations. Depuis la mi-avril, on en dénombre plus de 70 par jour ! »

 

« Pas loin de 2011 »

 

Ce constat a conduit le député-maire de Menton, Jean-Claude Guibal, à interpeller le gouvernement à l'Assemblée (lire en page ci-contre). Et à envisager un rétablissement ponctuel des contrôles à la frontière, comme le fit Claude Guéant en avril 2011 après la révolution de Jasmin. Selon Fred Guérin, « on n'est pas encore au niveau de la vague tunisienne… mais on n'en est pas loin. »

 

Source : NICE MATIN du 2 juin 2014

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