JO 2024 : primes, congés… un syndicat de police organise sa cérémonie d’ouverture pour porter les demandes
Des bus partiront le 10 janvier de la gare de Bercy avec à leur bord des policiers mobilisés par le syndicat Unité SGP Police pour une tournée des sites olympiques parisiens.
Le courrier du ministre de l’Intérieur datant du 22 décembre n’a pas dissipé leurs craintes quant aux compensations prévues pour assurer la sécurité des JO.
Dans l’idéal, ils auraient souhaité descendre la Seine à la manière des délégations. Comme pour la vraie cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris, le 26 juillet. Pas possible. Finalement, les policiers du syndicat Unité SGP ont affrété des bus à impériale qui partiront ce mercredi 10 janvier au matin de la gare routière de Bercy, à Paris (XIIe). Objectif : passer par des sites olympiques et terminer aux Invalides pour faire entendre leurs revendications.
C’est l’une des premières réponses de cette organisation au courrier que le ministre de l’Intérieur leur a adressé le 22 décembre dernier. Dans cette lettre de deux pages, Gérald Darmanin détaille par exemple les congés que les forces de l’ordre pourront prendre sur la période des Jeux olympiques et paralympiques, 10 jours au total à poser entre le 15 juin et le 15 septembre.
Aucun congé du 24 juillet au 11 août
En revanche, aucun congé ne sera accordé aux policiers ou gendarmes du 24 juillet au 11 août. Des dispositions valables pour tous les personnels du ministère de l’Intérieur, dans l’Hexagone et qui seront « adaptées » outre-mer ou à l’étranger.
« J’appellerai les chefs de service à porter une attention particulière aux contraintes personnelles », écrit le ministre. Ce qui n’est pas pour « rassurer les collègues qui risquent de perdre leur garde alternée, note Linda Kebbab, secrétaire nationale d’Unité SGP. Nous n’avons pas eu de réponses sur ces questions-là ou concernant les parents d’enfants qui auraient besoin de soins. »
Dans une lettre, le syndicat précise que des policiers séparés « entrevoient le possible réexamen de la décision de justice ». Et le ministre reste globalement flou sur cette question indiquant juste que « l’accompagnement social des parents mobilisés est un point essentiel de notre feuille de route, notamment pour l’accès aux établissements d’accueil de la petite enfance ou les séjours pour les enfants. À cette fin, le ministère étudie plusieurs pistes ».
Les congés bonifiés reportés pour les Ultramarins
Pour les Ultramarins qui ne pourraient pas prendre leurs congés bonifiés, ils « pourront être reportés en 2025 », précise Gérald Darmanin.
Sauf que dans les faits, « les collègues concernés ne prennent pas de vacances pour pouvoir poser leurs congés bonifiés. Et d’autres ont déjà prévu de partir en 2025… », reprend Linda Kebbab. En somme, il n’y aura pas des vacances pour tout le monde en 2025.
Grégory Joron, le secrétaire général d’Unité SGP, a répondu au ministre le 28 décembre que « cela ajoute à l’éloignement géographique de l’éloignement temporel vis-à-vis de leurs proches, leurs racines. Au-delà du seul aspect sociofamilial, la perspective des congés bonifiés conduit généralement ces agents à dégrader leurs vacances en faveur des congés bonifiés. Ils connaîtraient donc deux années consécutives d’altération de leurs congés ». Le syndicat milite notamment pour qu’un vivier de volontaires soit créé avec des fonctionnaires venant de toute la France et même des outre-mer pour sécuriser les JO.
Des primes de 500 euros à 1500 euros, selon l’engagement
Autre point d’achoppement, la prime. Le syndicat demande 1 500 euros pour tout le monde, tous les agents étant concernés par les mesures prises par la place Beauvau. Or, le ministère annonce des primes qui pourront aller de 500 euros à 1 500 euros « si l’engagement est particulièrement exceptionnel ».
Grégory Joron répond sur ce sujet dans son courrier : « Cet évènement d’une ampleur inouï, ajouté à d’autres évènements majeurs (80 ans du débarquement de Normandie…) va inévitablement ajouter de la charge aux policiers dans un contexte social voire sociétal qui ne le nécessite pas vraiment, parce que notre institution a multiplié les loupés à l’occasion de la prime Covid, à l’occasion des médailles de la sécurité intérieure Gilets jaunes (…) nous revendiquons l’octroi d’une prime de 1 500 euros pour tous les agents de la police nationale ».
Et de conclure : « Monsieur le ministre, sans votre engagement à aboutir sur chacun de ces points et compte tenu de l’état d’esprit de nos collègues après plusieurs campagnes dont les stigmates sont nombreux et profonds, nous aurons les plus grandes difficultés à accompagner l’institution dans ce moment pourtant crucial ».
Première étape de la mobilisation, ce mercredi.
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